Story HourPost your ongoing tales from your campaigns, and read those from others for inspiration. Lots of other RPG boards post "Story Hours", but this is where it started!
Originally posted by Ancalimon
Attendez-vous à une cascade de comptes-rendus dans les prochains jours, ils vont arriver en chaîne ... Restez fidèles, chers lecteurs.
Malheureusement, Eric a tort...
En effet, si certains CRs postérieurs à celui-ci sont rédigés et entre mes mains, celui qui suit immédiatement l'épisode 14, à l'exception d'une courte introduction, n'est pas rédigé et le sera pendant les vacances de l'auteur, donc sans doute pas avant mi-août...
En attendant, je pourrais tout de même poster l'aventure vécue par Sküm lors de son séjour au monastère...
- Moi ne rien y voir ! s’exclame Yjir alors que ses compagnons le guident à travers les rues animées de Halos nocturne. Vous devoir trouver moyen pour me guérir ! Moi pas toujours avoir chance ! Si homme cousu avoir bougé, moi finir dans la Fosse aux Sharques !
- Calme-toi Yjir, on va trouver une solution, répond Cendres d’un air soucieux. Ca qui m’inquiète plus, c’est ces types… Non seulement ils y voient comme en plein jour malgré leurs yeux cousus, mais en plus ils peuvent nous aveugler, et la magie d’Erasmus semble ne pas les affecter…
- C’est à relativiser, ça, quand même, répond Erasmus, piqué au vif. Certes, j’ai invoqué la foudre sans succès, ce qui est du gaspillage de bonne énergie magique, si vous voulez mon avis. Mais c’est quand même moi qui l’ai paralysé, le bonhomme… Enfin, celui qui n’a pas fini en nourriture pour poisson.
- Tu es bien sûr de toi, dit Cendres en jetant un regard inquiet derrière elle. En tous cas, allons au Temple de Mezrâ, je suis sûre qu’ils sauront quoi faire.
Malgré leur irruption Nocturne, le Temple leur est ouvert. Emmet, le scribe de garde écoute leur récit et, comprenant que le mal d'Yjir est sans doute trop puissant pour lui, il va alerter Bredan, le Gardien des Mystères qui vient donc les assister. Une fois les circonstances de la rencontre et du combat décrit, Bredan demande à Yjir de lui décrire son aveuglement :
- Ca être comme si moi enfermé dans profonde trappe où lumière du jour pas parvenir. Moi sentir que yeux ouverts, mais autour de moi, obscurité…
Bredan réfléchit quelques instants puis entonne une incantation. Après quelques instants, Yjir sent que deux volontés, deux puissances s’affrontent autour de lui. Finalement, comme si l’on déchirait un voile devant ses yeux, une lumière aveuglante l’éblouit…
- Moi remercier toi Bredan !
- Remercie plutôt la déesse, répond celui-ci
- Toi avoir raison. Moi faire offrande de 50 barons d’or !
Bredan regarde tour à tour les trois compagnons puis dit :
- La puissance qui a alimenté cette malédiction ophtalmique n’est pas négligeable. Je ne vous cache pas que ça m’inquiète un peu… Pouvez-vous me décrire de nouveau vos adversaires, sans omettre de détails ?
Et nos amis de reprendre le récit depuis le début, en relatant aussi leur soupçon de lien avec le « Duc Aveugle », la rencontre avec Morgrissa et même leurs suspicions à l’égard du Baron Van Dorn qui, d’après Erasmus, est certainement le fameux « V.D. ». Bredan fronce les sourcils et promet de travailler avec quelques scribes pour tenter de trouver plus d’informations sur ces sujets.
Pris par la discussion et malgré l’heure tardive, nos amis en profitent pour aborder d’autres sujets qui leur tiennent à cœur :
- Bredan, dit Cendres d’un air grave, qu’allez-vous faire concernant le culte d’Evancthe ?
La question de Cendres laisse place à un silence pesant. Bredan regarde l’elfe puis, d’une voix grave, prend la parole.
- Ce que vous avez découvert dans le Temple de Mortis à Halos est préoccupant. La lecture des notes du mage Yrgûl qu’Erasmus nous a remises sur la vie d’Evancthe est édifiante… et inquiétante… Nous aurions pu croire que le sanctuaire que vous avez découvert était isolé, mais la lecture de ces notes laisse sous-entendre un véritable réseau, qui n’est sans doute pas considérable en nombre de membres, mais qui contribue à la diffusion de magies interdites, ce que nous ne saurions tolérer. Alors, qu’allons nous faire ? Tout d’abord nous allons aborder le sujet entre Gardiens des Arcanes des différents temples pour définir une marche à suivre. Parallèlement, je vais envoyer quelques Gardemages à Halos pour qu’ils enquêtent sur le culte et tentent de trouver des pistes sur d’autres antennes. A ce stade, il m’est difficile de vous en dire plus…
- Bredan, puis-je vous poser une autre question ? demande Erasmus.
- Bien sur Erasmus. Je t’écoute…
- Sur la fresque que nous avons vue dans le sanctuaire d’Evancthe, on voyait le Mage portant autour du cou un énorme Rubis. Est-ce qu’à votre connaissance il y a un lien entre ce Rubis et l’appellation de Prince Rubis du monarque des Baronnies Naïmides ?
- Effectivement, oui. Le premier Prince Rubis, Tirnag’aël, était un chef guerrier barbare qui a fui avec son peuple sous la persécution des armées diaboliques de Glass. Après quelques années de harcèlement, il est parvenu à vaincre ces armées et à les mettre en déroute. On raconte que ce retournement a pu s’effectuer grâce à un puissant artefact, un collier serti d’un énorme Rubis. Quelques écrits fragmentaires de cette période laissent entendre que Tirnag’aël aurait trouvé ou acquis ce collier dans le Donjon d’Argûnn. En outre, il est avéré de par les chroniques de l’historien Melchis qu'à la fin de sa vie Tirnag’aël est retourné dans le donjon d'Argûnn et en est ressorti sans l'artefact en question. Il n’y a pas d’explication dans les écrits, que des spéculations. Tirnag’aël avait-il conclu un pacte avec quelque créature du Donjon ? C’est une possibilité, d’autant qu’on imagine mal que le Rubis, s’il est bien l’artefact puissant que l’on dit, ait été facile à obtenir… Mais, vous avez des raisons particulières de vous intéresser au Rubis ?
- Oui, répond Yjir d’un ton solennel…
Et le druide d’entreprendre le récit de la réapparition du Rubis lors de la partie de Rouste à Serdel ainsi que la probable implication de la Grise Guilde dans son extraction du Donjon. Soucieux, Bredan ne dit plus rien.
Brisant le silence pesant, Cendres demande à Bredan si le Temple peut les assister pour une expédition au repaire de Sharquenoir pour défaire Lareeza. Bredan réfléchit quelques instants avant de répondre à l’elfe. « Comme tu le sais, Cendres, le culte s’implique peu dans les affaires temporelles. Pour juste que soit votre cause, je ne pense pas pouvoir vous proposer d’assistance directe. Ce que je peux faire, peut-être, c’est vous prêter quelques objets qui puissent vous aider… Revenez avant votre expédition, que nous en reparlions. »
Alors que nos amis prennent leur congé, Bredan interpelle Erasmus : « Pourrais-je vous voir en privé concernant les ouvrages que vous nous avez confiés ? » Erasmus le suit dans une pièce annexe où ils retrouvent la scribe Myriam. Celle ci rend à Erasmus les ouvrages qu'il a déposés… sauf un :
- Erasmus, nous ne pouvons pas vous rendre les « Rituels Nécromantiques »… Ce livre est écrit en langage abyssal, et son contenu est proprement abominable… Nous n’avons pu traduire que quelques fragments, mais cela nous suffit pour comprendre la teneur générale de son contenu… Il comporte nombre de formules mineures d'animation et de communication avec les morts… mais surtout, il comporte un rituel, semble-t’il incomplet, qui permettrait de prolonger la vie au-delà de la mort… Vous comprendrez sans peine que nous ne pouvons laisser une tel ouvrage en circulation… Nous proposons de vous en dédommager pour une valeur de 5.000 dracs d’or. Toutefois, si vous êtes intéressés, nous pouvons vous proposer en contrepartie un accès à la bibliothèque des sorts licites du Temple…
- D’autre part, reprend Bredan, nous souhaiterions vous racheter, si vous en êtes d’accord, les notes d’Yrgûl concernant la vie et la légende d’Evancthe. Nous sommes disposés à vous en proposer 500 dracs d’or.
Après quelques négociations sur l’accès privilégié à des sortilèges pour Erasmus, tout le monde se met d’accord. Alors qu’il ressort de la pièce pour retrouver ses amis, Erasmus repense à ce fabuleux ouvrage qu'il a tenu quelques jours entre ses mains… Prolonger sa vie après la mort, perspective intéressante… « Bah, de toute façon il était incomplet ! » se console le gnome.
Après avoir récupéré de leur nuit écourtée, nos amis, ne souhaitant pas perdre de temps, décident de suivre le tuyau de Finn et se rendent à l'auberge de la Mouette Noire pour rencontrer la vieille Myeste qui aurait fait partie d’un des équipages de Sharquenoir, il y a plusieurs dizaines d’années.
Nos amis se rendent donc sur les docks et trouvent sans peine une taverne dont l’enseigne présente clairement un corbeau, malgré le nom approximativement orthographié de ‘Mouete Noir’.
- C’est pas une mouette ! s’exclame Korg alors que son maître franchit la porte.
- Tais-toi, volatile envahissant ! répond Erasmus, encore mal réveillé de sa courte nuit.
- Je ne me tairais pas ! On peut être corbeau et avoir sa fierté ! répond le familier.
De derrière le bar émerge un homme âgé, un corbeau sur l’épaule. Etonné et amusé de voir Erasmus et Korg, il demande à nos amis ce qu’ils désirent boire en cette belle matinée.
- Quatre bières, demande Cendres, et pouvez-vous nous dire où se trouverait une certaine Myeste qui semble-t’il fréquente votre établissement ?
- Là-bas dans le coin, répond le tenancier. Ne lui en voulez pas, elle est déjà torchée à cette heure matutinale…
Effectivement, dans un des coins de la taverne, devant une fenêtre permettant d’admirer l’activité intense du port en début de matinée, une vieille femme présentant des traces de sang elfique est en train de consciencieusement sombrer dans l’ivresse…
- Bonjour Myeste, dit Yjir d’une voix grave en tendant une choppe à la femme.
- Bonjour, chevelu, répond l’ivrogne d’une voix chancelante.
- Myeste, nous apprendre que toi ancienne partenaire de pirate Sharquenoir. Nous avoir besoin nous rendre dans repaire Sharquenoir. Toi pouvoir nous indiquer ?
- Ha, encore des chasseurs de trésor, s’exclame-t’elle.. C’est sur l’île de Babord, tous les pêcheurs sauront vous y amener, z’avez pas besoin de moi. Ils vous demanderont un surplus d’or à cause du fantôme, mais y vous amèneront là-bas quand même !
- Fantôme, demande Yjir d’un air inquiet.
- L’esprit de Sharquenoir… Il veille sur son trésor. Il tue ceux qui s’y intéressent de trop près… Vous le trouverez pas, pas plus que tous les autres avant vous, mais vous y laisserez peut-être des plumes…
- Nous pas intéressés par trésor. Nous avoir besoin retrouver personnes ayant élu domicile là-bas. Est-ce que toi pouvoir nous faire croquis des lieux ?
- Ca me rapporte quoi ?
Yjir lui glisse quelques pièces d’or dans un morceau de parchemin. « Merci mon prince ! » s’exclame la femme, arborant un large sourire édenté. Elle dessine d’une main malhabile le plan d’un complexe de trois cavernes partiellement immergées.
- Si moi donner à toi importante somme, est-ce que toi promettre que toi tout nous dire sur cavernes ? demande Yjir, soupçonneux
- Ca dépend de l’importance d’ « important » !, répond la vieille femme.
- Si moi donner toi 25 dracs d’or ?
Les yeux de Myeste s’illuminent. Elle reprend la plume et rajoute au plan un passage qui mène dans la seconde caverne.
- Si vous demandez à votre passeur de vous déposer dans la crique à l’ouest de l’entrée du repaire de Sharquenoir, vous y trouverez l’entrée d’un tunnel. Celui-ci vous mènera dans la seconde caverne, sur un surplomb à cinq mètres du sol.
- Excellent, s’exclame Erasmus !
Nos amis quittent donc Myeste en lui laissant assez d’argent pour rester ivre en permanence pendant les deux prochains mois. Alors qu’ils se dirigent vers l’Hostellerie pour y prendre un repas bien mérité, Cendres pousse un juron et repart en courant vers la Mouette Noire, en criant « Je reviens ! » Elle rentre de nouveau dans la Mouette Noire et s’assied à la table de Myeste : « Myeste, une dernière question : est-ce que quelqu’un d’autre t’a posé des questions sur le repaire de Sharquenoir récemment ? »
La vieille femme réfléchit quelques instants puis dit :
-Oui, il y a une vieille dame un peu rondelette qui m’a dit qu’elle écrivait un livre sur les grandes figures de la piraterie de Halos…
- Quand était-ce ?
- Environ il y a trois ou quatre jours…
- Et est-ce que tu lui as parlé du passage dérobé ?
- Non, tiens, je n’y ai pas pensé…
- Merci beaucoup Myeste, ce sera tout !
- A ce prix là, c’est quand tu veux, Princesse.
Cendres rejoint ses compagnons. D’un air grave elle dit « Je pense que l’Elfe Noire nous a précédés… » et elle explique à ses amis les dernières informations fournies par Myeste.
L'après midi venu, chacun se prépare à l’expédition du lendemain. Erasmus se rend de nouveau à la Guilde de Haute Magie tandis qu’Yjir et Cendres méditent et étudient dans le calme jardin de l’Hostellerie. En fin de journée, Cendres repasse par le Temple de Mezrâ et revient annoncer au groupe que Bredan les attend le lendemain matin à l’aube pour éclaircir certains points de leurs précédentes discussions.
Effectivement, le lendemain matin, le Gardien des Arcanes les reçoit. Nos amis s’asseyent alors qu’un scribe leur apporte une tisane. Bredan prend la parole :
- Nous avons effectué des recherches sur le Duc Aveugle, et nous avons trouvé certaines informations. D’après le Liber Diavolicus Animae, il semblerait qu’il s’agisse d’une puissante entité diabolique qui se serait incarnée à plusieurs reprises sur le monde matériel. D'après certains recoupements que nous avons pu faire avec d’autres ouvrages, il pourrait s’agir de la même entité qui était adorée par les armées de Glass à l'époque de Tirnag’aël ! Malheureusement, après la défaite des armées de Glass et la fondation des Baronnies Naïmides, il semblerait qu’aucune trace du Duc Aveugle n’ait subsisté.
- Est-ce qu’on pourrait supposer une résurgence d’un ancien culte ? demande Cendres.
- C’est possible. Ou l’émergence d’un nouveau. Toujours est-il qu’il nous est très difficile d’avoir des informations fiables sur la situation politique et religieuse de Glass. Comme vous le savez, le culte de Barami y est prédominant, et Mezrâ n’a aucun temple dédié dans la péninsule…
- En supposant l’émergence de ce culte, dit Cendres, parlant autant à Bredan qu’à ses acolytes, est-ce qu’on ne pourrait pas imaginer que la Grise Guilde ait travaillé pour eux dans la récupération du Rubis ?
De nouveau, un pesant silence s’installe alors que tous imaginent les implications de cette hypothèse…
Finalement, nos amis font mine de partir, mais avant leur départ, Bredan donne à Erasmus les parchemins de sortilèges promis. Les deux mages discutent en aparté du contenu de ces sorts, et Bredan met en garde le gnome contre un usage abusif de certaines de ces formules :
- Erasmus, je t’enjoins à la prudence, particulièrement dans l’utilisation de la formule de Déchaînement Frigide des Eléments que nous t’avons confiée. Ce sortilège peut causer d’énormes dommages autour de toi, fais en bon usage.
- Ne vous inquiétez pas, dit Erasmus, avec un discret sourire de convoitise lorsqu’il récupère le rouleau…
Bredan s’approche ensuite de Cendres et lui dit :
- Cendres, le Temple t’est très reconnaissant de nous avoir fait parvenir nombre d’informations importantes et d’avoir partagé avec nous tes trouvailles. En récompense, je souhaiterais que tu disposes de cette cape, que nous avons récupérée sur le corps de la vile magicienne Arachne. L’objet n’est aucunement maléfique, et il te permettra de te déplacer telle un araignée sur les parois et les plafonds. De plus, il te confèrera un pouvoir équivalent au sortilège d’Emberlification Arachnéenne de Metempsus, souvent appelé « Toile d’Araignée » par les apprentis mages. D’autre part, comme tu nous a fait savoir que les hommes aux yeux cousus que vous risquez d’affronter de nouveau semblaient résistants à tes coups de rapière, en voici une que le Temple te prête. Elle est enchantée et sera sans doute plus efficace. Tu nous la retournera une fois votre expédition terminée.
Remerciant Bredan pour son aide précieuse, le groupe se retire pour passer une dernière nuit avant l’exploration du repaire de Sharquenoir.
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Last edited by Sammael99; 12th July 2002 at 03:09 PM..
Y'a quelqu'un, oui, haletant d'impatience après la lecture de ce dernier post.
Des révélations ?Oh oui, plein. Et des promesses d'action, aussi, et une mise en place de la trame de fond d'une campagne de longue haleine, également. Bref, que de bons ingrédients.
Moi, j'aime toujours autant
A défaut d'update sur les développements de la campagne (nous avons fini la semaine dernière la seconde saison), je viens de mettre à jour les deux premiers compte-rendus en mode narratif. Ca devrait être plus plaisant à lire et bourré de détails intéressants (enfin, j'espère !)
J'en profite pour lire Relics and Rituals, qui contient quelques trucs franchement pas mal, et je viens d'acheter Spells and Spellcraft. Vous l'aurez compris, mon prochain chantier est de travailler sur la magie et les magiciens...
Le compte-rendu suivant est en cours de rédaction, donc la mise à jour devrait se faire bientôt : encore un peu de patience. En attendant, vous pouvez jeter un oeil à la Story Hour de super-héros de Horacio
Episode 15 : Le Repaire de Sharquenoir (1ère Partie)
AVERTISSEMENT : Cet épisode comporte des scènes qui pourraient choquer certaines personnes. Âmes sensibles, abstenez-vous !
Alors que l’aube brumeuse se lève sur le port de Halos, nos compagnons déambulent sur les quais encore déserts à la recherche d’un marin susceptible de les emmener sur l’île de Babord dans une des criques bordant l’entrée du repaire de Sharquenoir. Le temps n’étant pas très clément, c’est seulement le troisième marin rencontré qui accepte de mener son petit voilier vers l’île de Babord, et ce moyennant un tarif quasi-royal…
La traversée se passe en silence. Chacun essaye tout d’abord de garder le contrôle de son estomac au milieu des flots agités. Qui plus est, nos amis sentent qu’ils sont proches du but et que peut-être, enfin, ils parviendront aujourd’hui à sauver leur ami Umar des mains des esclavagistes honnis.
Après deux bonnes heures de ballottement aquatique, le marin dépose nos amis au bord de la crique souhaitée sur l’île de Babord. « Messeigneurs, vous voilà arrivés à bon port, si je puis dire. J’imagine que vous avez d’autres moyens pour rentrer à Halos si tel est votre désir ? » Nos amis se regardent, réalisant soudainement qu’ils n’ont pas vraiment envisagé la question… Pris de cours mais comprenant qu’ils ne peuvent pas faire attendre le marin, ne sachant pas combien de temps ils vont rester, Erasmus lui répond : « Oui mon brave, nous avons tout prévu. Merci de votre prestation et à bientôt… »
Alors que la petite voile triangulaire se noie dans la brume, nos amis trouvent un abri sous une corniche rocheuse et discutent à voix basse de la suite à donner à leur expédition.
- Je vais aller explorer l’entrée détournée de la caverne. Je pense que je serais plus discrète que vous deux.
- Veux-tu que je te rende invisible, demande Erasmus
- Je ne pense pas que ce soit nécessaire. Je serais dans le noir. L’essentiel sera de rester silencieuse.
Yjir et Erasmus restent donc à l’entrée du passage et attendent patiemment le retour de l’elfe. Erasmus sort de sa besace un ouvrage de magie qu’il feuillette avec une attention presque sensuelle, tandis qu’Yjir, debout dans les embruns, le visage fouetté par le vent pense aux visages étonnés des enfants de sa tribu lorsqu’il leur parlera de la Grande Eau qui s’étend à perte de vue…
Cendres, elle, se glisse délicatement dans le passage et avance à petits pas, faisant bien attention à ne pas percuter les parois et à ne pas trébucher dans la pénombre. Bientôt, elle entend l’écho de rires et de voix qui, au fur et à mesure qu’elle s’approche, lui semblent fort graveleux…
- Tu m’étonnes qu’elle aime ça, dit une voix d’homme avec un fort accent du sud.
- La chienne, répond une autre entre deux hoquets…
- Et pis, la couleur de c’te peau, ça nous change pas trop des putes de Scorbeville, hein ! renchérit une troisième.
Des éclats de rires ponctuent cette dernière remarque, et Cendres aperçoit enfin une faible lueur au bout du passage : celui-ci s’élargit et s’ouvre sur une corniche de quelques mètres de large qui surplombe une immense caverne. Redoutant ce qu’elle va y apercevoir, Cendres s’allonge sur la corniche et glisse un regard en contrebas.
La portion de la caverne sur laquelle donne le passage est environ cinq mètres plus bas. Les deux tiers de la surface au sol sont occupées par la mer, et seule une mince bande de sable rocheux sur la paroi au dessus de laquelle se tient Cendres fait office de terre ferme. La caverne semble avoir deux issues maritimes, l’une en face de Cendres et l’autre à sa gauche. L’elfe aperçoit deux groupes de personnes dans cette portion de la caverne, qui ne semblent pas interagir. A sa droite, deux silhouettes encapuchonnées sont assise sur des rochers et semblent aiguiser des cimeterres. « Des yeux cousus… » se dit l’elfe… De l’autre côté de la petite plage, un feu est allumé et trois hommes à la mine patibulaire jouent aux cartes. Ce sont eux qui visiblement faisaient les commentaires dignes d’une taverne des bas-fonds de Razem.
L’objet de leur attention est à trouver quelques mètres à leur gauche. Une silhouette féminine est attachée à un rocher par des cordes tandis qu’un quatrième homme, les chausses tombées autour de ses pieds, la violente avec des grognements animaux. La main de Cendres se crispe sur un morceau de rocher, et elle se force néanmoins à regarder la prisonnière. Ses traits, bien que ravagés par l’horreur de sa situation, sont indéniablement elfiques, mais sa peau est sombre, d’un gris presque noir. Cendres comprend soudain de qui il s’agit…
Bien que peu portée à l’amitié envers leur ennemie elfe noire, Cendres ne peut s’empêcher d’éprouver de la compassion pour son sort… Elle envisage d’intervenir immédiatement, mais il lui paraît bien vite évident que cela ne servira à rien. Il faut qu’elle avertisse ses amis et que leur attaque soit décisive. Elle se retire donc, non sans grincer des dents…
Pendant ce temps, Yjir, toujours plongé dans sa contemplation de l’océan, prend soudain conscience d’une sensation étrange. Les poils de ses avant-bras se sont dressés, et il est pris de légers tremblements… Il retourne vers l’entrée du passage pour parler à Erasmus, et là, la sensation s’intensifie. Après quelques instants de réflexion, le druide a une idée sur ce dont il pourrait s’agir. Alors que le gnome lui jette un regard intrigué, Yjir ferme les yeux et se concentre sur le bandeau d’Aram le Marcheur, qu’il porte toujours à la tête. Après quelques instants, sa silhouette devient évanescente, puis il disparaît tout à fait.
- Et merde, voilà que c’est repartir s’exclame Erasmus en fermant violemment son livre…
L’intuition d’Yjir était juste : alors qu’il se transporte dans le monde des esprits par la magie du bandeau, il aperçoit devant lui un homme barbu, vêtu de riches vêtements, un sabre au côté. Il a une jambe de bois pour remplacer le membre d’origine sectionné visiblement en dessous du genou. Au moment où Yjir apparaît, l’homme fait un bond en arrière et dégaine son sabre.
Yjir jette un œil autour de lui avant de regarder en face l’apparition. Ici, l’entrée du passage paraît plus sauvage, comme si jamais homme n’y avait mis les pieds. Le son de l’océan est omniprésent et Yjir sent dans la brise et les embruns une présence d’être spirituels.
- Har ! Je te laisserai pas faire, pilleur de tombes ! s’exclame le pirate en agitant son sabre en direction du druide.
- Toi pas laisser moi faire quoi ? demande le druide en s’efforçant de ne pas se montrer menaçant…
- Voler mon trésor ! Har ! Si tu crois que je ne sais pas pourquoi vous êtes là, vous et les autres…
- Autres ? Qui être autres ?
- Les bizarres avec leurs yeux cousus et leur chef, et les pirates à la petite semaine qu’elle a embauchés pour retrouver mes richesses…
- Toi être Sharquenoir ?
- Evidemment ! Qui veux-tu que je sois d’autre ?
- Moi promettre à toi que moi pas vouloir voler ton trésor.
- Har ! Si tu crois que je vais te faire confiance !
Yjir réfléchit un instant puis reprend :
- Quoi toi dire si moi te dire que nous venir pour tuer hommes aux yeux cousus et chef à eux ?
- Har ! Pour me voler ensuite mon trésor ?
- Toi un peu obsédé par trésor… Nous ici pour libérer esclave emprisonné par hommes aux yeux cousus. Nous pas du tout intéressés par trésor.
- Il n’y a pas d’esclaves ici. Et puis de toute façon, je vous tuerais ! J’en ai déjà éliminé deux, de ces sales pilleurs !
- Donc toi vouloir te débarrasser de femme Lareeza et d’hommes aux yeux cousus ?
- Evidemment ! Et de vous !
- Et si nous t’aider à te débarrasser de pilleurs de tombes ?
Un instant, Sharquenoir fait une pose, et un éclair de malice passe dans son regard fantomatique…
- Hrrr… Mais après vous allez essayer de me voler mon trésor, réplique le pirate d’une voix incertaine…
- Nous pas intéressés par trésor. Moi faire promesse à toi : si toi nous aider à éliminer intrus, nous te faire don de beaucoup d’or.
Le regard de Sharquenoir s’illumine soudain d’un éclair d’avarice…
- De l’or ? Combien d’or ?
- Moi pouvoir t’offrir 500 barons d’or
- Pas assez, je veux 2000 dracs !
- 1000, dit Yjir. Si toi nous aider.
Sharquenoir hésite quelques instants…
- D’accord… Mais comment pourras-tu les déposer dans mon trésor sans savoir où je le cache ?
- Moi les amener ici, dans monde des esprits, et toi faire avec ce que tu veux…
- Har ! Ca marche. Mais pour vous aider, je vais devoir t’indiquer l’entrée du trésor. Et je ne peux pas faire ça sans te forcer auparavant à jurer le serment du boucanier ! Quel est ton nom ?
- Yjir, de la tribu des Grands Aigles
Sharquenoir range son sabre et, dégainant une dague, il se coupe l’intérieur de la paume puis tend la lame à Yjir. Celui-ci fait de même, puis le druide et le spectre joignent leurs mains. Le pirate entonne alors une imprécation menaçante : « Pozeren et Legba, protecteurs des boucaniers, scellez ce serment ! Moi, Sharquenoir, je m’engage à aider Yjir, de la tribu des Grands Aigles, dans son combat contre les occupants de mon repaire. »
Sharquenoir jette un regard à Yjir qui, incertain, entonne à son tour : « Pozeren et Legba, protecteurs des boucaniers, vous sceller ce serment ! Moi, Yjir, de la tribu des Grands Aigles m’engager à ne jamais révéler entrée de trésor caché de Sharquenoir et à lui amener 1000 barons d’or dans monde des esprits. »
- Har ! Parfait ! dit Sharquenoir. Laisse moi t’expliquer le plan. Il a bien longtemps, lorsque j’ai installé ce repaire, j’ai loué les services d’un mage puissant de Halos pour protéger l’entrée de ma cache au trésor. Il a mis en place un sortilège qui, si l’on tente de forcer l’entrée, fait apparaître un féroce créature pour liquider les intrus. Si tu veux, il te suffit d’aller déranger l’entrée et de te carapater bien vite. La chose s’occupera à merveille des yeux cousus et de leurs copains…
- Où être l’entrée ? demande Yjir, peu convaincu de la facilité avec laquelle Sharquenoir décrit le « plan ».
- Au centre de la caverne principale, sous l’eau, tu trouveras un lourd rocher. Si tu déplaces ce rocher, tu apercevras un anneau de métal qui sert à ouvrir le passage vers la cache. Touche à l’anneau, et le Gardien apparaîtra.
Yjir prend alors congé du pirate et s’apprête à rejoindre le monde matériel. Il se concentre sur son bandeau, mais a beaucoup de mal à faire abstraction de la tension du moment, des questions qui l’assaillent : Umar est-il là ? Comment déclencher le piège de Sharquenoir sans s’y laisser prendre ? Finalement, afin de calmer son cœur et son esprit, il décide d’entrer en transe pendant quelques minutes.
Pendant ce temps, Cendres est ressortie du passage menant à la caverne. Seul Erasmus est là, de nouveau assis avec un livre de sort sur ses genoux.
- Où est passé Yjir ? demande l’elfe
- Papoter avec les morts, j’imagine… répond le gnome d’une voix agacée
- Quoi ?
- Dans le monde des esprits ! Il a fermé les yeux, et il s’est dissolu dans l’air, comme la dernière fois.
- C’était bien le moment… Il faut qu’on fasse vite. J’espère qu’il avait une bonne raison…
Quelques minutes plus tard, Yjir ayant retrouvé son calme parvient à franchir l’étrange barrière qui sépare le monde des esprits du monde matériel. Il réapparaît progressivement devant ses deux compagnons…
- Tu pourrais prévenir, quand tu fais des trucs comme ça, le tance Erasmus…
- Moi désolé, Erasmus. Moi sentir quelque chose étrange dans monde des esprits et aller voir. Moi rencontrer Sharquenoir.
- Quoi ? s’exclame Cendres
Et Yjir de raconter sa rencontre et l’accord passé avec le fantôme du pirate.
- Tu nous montreras quand même l’entrée de la cache ? demande Erasmus.
- J’espère, renchérit Cendres. Le Temple de Mezrâ a sûrement plus besoin du trésor de ce vieux brigand que son spectre… Et puis qui sait, en lui prenant, on lui permettra peut-être enfin d’accéder au repos éternel…
- Ca pas question. Moi passer pacte avec Sharquenoir. Moi faire serment avec mon sang. Moi toujours garder promesses, et moi toujours prendre serments fait au nom de dieux ou esprits au sérieux.
- Bon, passons aux choses sérieuses. Il faut qu’on agisse vite. Je vais vous faire un petit plan de ce que j’ai vu dans la caverne.
Cendres décrit les adversaires aperçus, où ils se situent dans la caverne et comment la corniche est placée.
- Sans oublier qu’ils ont fait prisonnière notre bonne amie l’elfe noire…
- Hein ? s’exclame Erasmus, interloqué. Je vais me la faire, celle-là !
- Pas besoin, ils s’en chargent. Et à répétition, si tu voix ce que je veux dire, rétorque Cendres d’une voix blanche.
- Nous devoir absolument capturer elle vivante. Elle sans doute savoir où être Umar.
- Tu veux dire qu’il n’est pas ici ? demande Erasmus.
- Sharquenoir dire que pas d’esclaves être retenus ici…
- Merde ! éructe le gnome en serrant les poings. Je commence à en avoir marre de courir après ce nain. Il pourrait nous attendre au moins une fois…
- Je ne pense pas qu’il ait vraiment le choix, répond Cendres d’un air un peu condescendant.
- J’avais compris, merci, rétorque le gnome.
Avec maintenant tous les éléments en main, nos amis entreprennent de convenir d’un plan. Après plusieurs discussions, il est décidé que Cendres et Erasmus iront dans la caverne par le passage, alors qu’Yjir, prenant la forme d’un sharque, s’y rendra par la mer et tentera de déranger l’entrée de la cache du trésor de Sharquenoir pour faire venir le Gardien. Lorsque Yjir sera arrivé, il montrera son aileron pour se signaler à ses acolytes, et l’assaut pourra commencer. Cendres enserrera les « yeux cousus » dans une toile d’araignée puis descendra au plus vite vers le bas de la caverne pour protéger l’elfe noire et si possible assommer un des pirates pendant qu’Erasmus se concentrera sur les « yeux cousus » avec le maximum de puissance de feu. Une fois le Gardien libéré, Yjir reviendra sur la berge et récupèrera le pirate assommé pour le mettre à l’abri. Ensuite, il devient difficile de planifier puisque personne ne sait où se trouve Lareeza, si même elle est là…
- Cendres, j’ai une question, demande Erasmus à la fin de cette discussion. Je sais que je t’ai appris quelques rudiments de magie, mais comment donc fais-tu pour maîtriser un sortilège complexe comme l’Emberlification Arachnéenne ?
L’elfe regarde le gnome d’un air énigmatique puis lui répond : « Permets-moi de garder aussi pour moi quelques secrets… » Le sous-entendu flotte dans l’air quelques instants, puis nos amis se mettent en ordre de marche…
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Last edited by Sammael99; 28th August 2002 at 03:57 PM..
Avant qu’ils ne s’approchent de la corniche qui surplombe le Repaire de Sharquenoir, Cendres prends quelques instants pour incanter une formule tout en jetant tout autour d’elle un peu de poudre d’argent.
- Que fais-tu ? demande Erasmus qui vient lui même de sortir de sa sacoche de composants une pâte malodorante qu’il roule entre ses doigts et asperge de souffre.
- Je me protège du Gardien. C’est une créature invoquée, si je comprends bien ce que nous a décrit Yjir…
Discrètement, l’elfe et le gnome arrivent au bord de la corniche. Ils n’ont que quelques instants à attendre avant d’apercevoir, dans le bassin d’eau de mer au milieu de la caverne, un aileron de Sharque qui émerge à plusieurs reprises. En contrebas, ni les « yeux cousus », ni les pirates ne semblent avoir remarqué la présence dans l’eau. L’un des pirates est en train d’abuser de l’elfe noir, tandis que les autres font des commentaires :
- T’en mets du temps, elle doit aimer ça… lance l’un d’eux.
- Si tu veux un coup de main, j’en ai deux qui font rien ! renchérit un autre.
C’est à ce moment là qu’un coup sourd retentit dans la caverne, tandis qu’un léger tumulte secoue la surface de l’eau. Yjir vient de tenter de pousser le rocher qui protège la cache de Sharquenoir en le percutant, mais il est plus lourd qu’escompté, et le druide-sharque en est quitte pour être un peu sonné. Il s’éloigne de quelques mètres pour reprendre son élan.
- Qu’est-ce que c’était ? demande l’un des pirates d’un air inquiet.
Les deux « yeux cousus » se relèvent et s’approchent du bassin, se rapprochant des pirates. Cela fait bien les affaires de nos deux mages, et Erasmus indique du regard à Cendres que c’est le bon moment pour lancer l’assaut. Cendres pointe le doigt en direction de l’attroupement en contrebas, et trois des pirates ainsi que les deux « yeux cousus » se retrouvent enserrés dans une toile gluante attachée au sol de la plage rocheuse d’un côté et à la paroi de la caverne de l’autre. Sans perdre de temps, Cendres se penche en avant et, à la grande surprise d’Erasmus, elle se glisse à quatre pattes le long de la paroi, se glissant sur la roche verticale comme une araignée…
Reprenant ses esprits avant que leurs adversaires ne le fassent, Erasmus entame une incantation alors que l’air autour de lui se met à vibrer de puissance contenue. Enfin, il pointe le doigt en direction de la toile qui maintient captifs ses victimes, et de son doigt, une petite flammèche se dirige presque nonchalamment vers le bas. Lorsqu’elle touche un des « yeux cousus », elle explose violemment, noyant les pirates et les « yeux cousus » dans un maelström de flammes. Les trois pirates sont calcinés, et l’un des « yeux cousus » gravement brûlé tandis que l’autre semble moins affecté. Leurs robes ont toutefois été pulvérisées par la chaleur et ils sont nus, leurs visages affreusement mutilés couverts de suif et de brûlures.
Avant qu’ils ne puissent vraiment reprendre leurs esprits, Cendres est arrivée en bas. Elle a en face d’elle un pirate cul-nul qui n’a pas le temps de comprendre ce qui se passe qu’elle lui assène déjà un premier coup, avec pour objectif de le faire perdre connaissance sans pour autant le tuer. Il tente en vain de frapper l’elfe d’un coup de poing, tandis que celle-ci parvient à poser la lame de sa rapière sur sa gorge. « Retourne-toi et détache ta victime, chien lubrique ! » dit elle d’une voix glaciale. Le pirate obtempère.
Avec une rapidité surprenante, considérant ce qu’ils viennent de vivre, les deux « yeux cousus » se dirigent vers Cendres, leurs cimeterres aux poings. Mais avant qu’ils ne puissent atteindre l’elfe, Yjir parvient enfin à renverser d’un coup de tête furieux le rocher qui cache l’entrée de la cache de Sharquenoir. L’eau au centre de la caverne se met à tourbillonner furieusement, et une immense silhouette formée d’eau émerge de l’eau. Deux appendices que l’on pourrait qualifier de « bras » lui « poussent » et elle frappe l’un des « yeux cousus » d’un coup magistral qui l’envoie s’écraser contre la paroi de la caverne. Son autre « poing » se dirige vers Cendres mais, curieusement, s’arrête à quelques centimètres de l’elfe.
Erasmus est tombé en arrière sur les fesses au moment où la créature aquatique est apparue. On a beau s’attendre à quelque chose… Yjir, quant à lui, s’est jeté hors de l’eau tout en reprenant sa forme humaine, pour éviter d’être emporté par le tourbillon. Au même moment, le pirate terrorisé par Cendres (et par le reste de la situation) a fini de détacher l’elfe noire, qui s’écroule au sol. Il ne s’est pas passé 10 secondes depuis le début du combat.
Prenant l’elfe noire sous le bras, Cendres remonte prestement par où elle est venue, galopant sur la paroi de la caverne. Elle atteint la corniche où Erasmus s’est relevé et dépose l’elfe noire à ses pieds. En bas, Yjir assomme sans encombre le pirate d’un coup de bâton bien placé, tandis que de l’autre côté du bassin, deux « yeux cousus » supplémentaires apparaissent, émergeant de la caverne du fond. Au même instant, une femme à moitié nue équipée d’une épée longue et d’une ceinture de corde se matérialise sur la plage.
Le Gardien tourne maintenant son attention vers cette dernière et vers Yjir. Tous deux sont frappés violemment par les appendices aqueux de la créature, qui toutefois font plus penser à du roc lorsqu’ils vous percutent en pleine poitrine. Yjir regarde en haut vers la corniche, mais il paraît évident qu’il ne parviendra pas à y remonter avec son pirate assommé sur le dos. Un peu téméraire, il décide donc de favoriser la voie de l’eau et il plonge aux pieds du gardien dans l’espoir de pouvoir s’éloigner sous l’eau.
Les « yeux cousus » se concentrent sur le Gardien, qui les menace le plus directement. La femme, que Cendres et Erasmus supposent être Lareeza, se dématérialise soudain et réapparaît sur la corniche devant Cendres. Celle-ci dégaine, et les deux femmes se regardent pendant quelques instants, cherchant la faille. Erasmus est derrière Cendres, et, limité dans ses options par cette configuration tactique, il choisit de riposter à l’arrivée de la femme par une formule qui a fait ses preuves. Il marmonne quelques mots, fait quelques gestes de la main et trois projectiles lumineux partent de sa paume et viennent frapper Lareeza. Malheureusement, celle-ci ne semble pas affectée plus que cela.
Finalement, Cendres cherche l’ouverture et attaque avec sa rapière, visant le poignet de son adversaire. Elle évite la parade de la femme et parvient à glisser la lame de sa rapière dans la garde de l’épée longue. D’un geste du poignet, elle fait voler l’épée longue en bas de la corniche, un léger sourire aux lèvres. Lareeza la regarde dans les yeux et, pendant un bref instant, Cendres se sent confuse, comme si elle venait de frapper sa meilleure amie. Mais elle s’efforce de chasser cet étrange sensation et parvient à garder le contrôle de ses sentiments. Lareeza pousse un cri de rage et attrape d’une main la corde qu’elle porte autour de la taille. Celle-ci se déroule et s’agite, comme animée d’une vie propre.
Pendant ce temps, Yjir commence à regretter son choix d’échappatoire. Sous l’eau, le remous causé par le Gardien est plus intense encore, et bientôt lui et son prisonnier se retrouvent pris dans un tourbillon d’eau d’une violence inouïe. Ne pouvant pas respirer, et heurtant les parois sous-marines de la caverne, Yjir comprend bientôt que s’il ne fait rien il va suffoquer et mourir. Il décide donc à contrecœur d’abandonner le pirate à son triste sort, mais il sait qu'il n'a plus l'énergie mystique nécessaire pour se transformer en sharque. En désespoir de cause, il se concentre et miraculeusement, il parvient à se transporter dans le monde des esprits. Là, les eaux de la caverne sont agitées, mais il parvient néanmoins à rejoindre la berge. Il grimpe le long de la corniche et s'enfuit, tout en apercevant du coin de l'oeil Sharquenoir qui semble admirer le spectacle de son gardien réduisant en chair à patée tout ce qui lui tourne autour...
Pendant ce temps, Cendres a repris l’initiative du combat et frappe d’une botte habile la corde de Lareeza, espérant la sectionner, mais elle ne parvient pas à trancher l’étrange arme vivante. Erasmus quant à lui réitère sa démarche et tente de nouveau de pénétrer les protections magiques de Lareeza avec ses projectiles lumineux avec, cette fois, plus de succès. Lareeza, comprenant que sans ses « yeux cousus », qui sont en bas de la corniche et ne peuvent rien faire pour l’aider, elle est perdue. Jetant un dernier regard de haine absolue à Cendres, elle disparaît…
Le gnome et l’elfe tournent de nouveau leur attention vers le bas de la caverne. L’un des « yeux cousus » est grandement affaibli par les coups du Gardien, mais ce dernier s’est transformé en un tourbillon d’eau qui a emporté Yjir et le pirate. Ses deux acolytes s’intéressent donc au haut de la corniche ; Cendres et Erasmus sont hors d’atteinte de leurs cimeterres, mais pas de leurs pouvoirs.
Les deux créatures pointent leurs mains l’un vers l’elfe, l’autre vers le gnome, et nos deux héros sentent un voile tenter de s’insinuer devant leurs yeux. Mais tous les deux se concentrent pour résister à cette cécité magique dont ils ont déjà vu les effets sur Yjir quelques jours plus tôt. Ils parviennent tous deux à dissiper l’effet du pouvoir des « yeux cousus », et c’est tout le temps qu’il faut au Gardien pour revenir s’intéresser à ceux-ci, Yjir s’étant échappé. Le corps disloqué du pirate noyé est projeté sur la berge tandis que la forme aquatique du gardien émerge de nouveau…
Il ne faut que quelques instants au Gardien pour renvoyer en enfer celui des « yeux cousus » qui avait survécu à l’explosion magique d’Erasmus. Les coups répétés des cimeterres des deux autres semblent assez peu affecter le monstre élémentaire et ses immenses bras s’abattent comme des déferlantes sur eux jusqu’à ce que tous deux, visiblement incapables de fuir, ne soient anéantis. Le Gardien tourne ensuite son attention sur Erasmus et Cendres, mais ils sont trop loin de l’eau pour qu’il puisse les atteindre.
- Bon. On est vivant. Chouette, non ? dit Erasmus d’une voix un peu tremblante.
- Par contre, pas question d’explorer la caverne tant que cette créature est là… répond Cendres.
- Je vais voir ce que je peux faire, dit le gnome.
Erasmus s’agenouille et, se concentrant, il entame une incantation, sa volonté toute canalisée sur le Gardien. Son front transpire et l’on sent que deux puissances s’affrontent. Finalement, après quelques instants, le gnome ouvre les yeux, visiblement dépité. En contrebas, une vague étrange sillonne le bassin. Erasmus a échoué.
- Retirons-nous, dit-il à l’elfe. Je réessayerai demain, à tête reposée.
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Last edited by Sammael99; 26th August 2002 at 11:07 AM..